CollectionsChemins de penséeLa Côte d'Azur après la modernité
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Paru le:  30-09-2020

Editeur:  Les éditions Ovadia

Isbn:  978-2-36392-372-1

Ean:  9782363923721

Prix:  18 €

Caractéristiques: 
184 pages

Genre:  Littérature générale

Thème:  Litterature

Thèmes associés: 

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Précis de décomposition du football

à l’usage des connaisseurs

Avant le football, c’était juste du football.

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Né en 1971, il élabore une pensée discrète et résolue de la modernité. Il dépeint la difficile relation de l’homme avec le temps, dans un monde dominé par la technique et la volonté de sécurité. Il a publié Exister dans la Nuit, philosophie et précarité, à Les Éditions Ovadia.

Dans un monde dominé par la volonté de maîtrise, aucun autre jeu que le football ne peut prétendre détenir cette sorte de privilège de restituer aux individus le contact avec ce que les philosophes ont nommé l’imprévisibilité du réel. C’est cet attrait unique et irrésistible qui contribua à porter le football des prés et des rues, cette royauté des enfants, à la grandeur d’un phénomène social majeur aux dimensions tout à la fois sociologiques et économiques. Bergson écrivait il y a plus d’un siècle, à propos du réel, qu’il est toujours « la création perpétuelle d’une imprévisible nouveauté ». Toutes les fois où le football donne à voir cela, il donne à vivre quelque chose d’essentiel. Il justifie par là son statut de jeu noble.

Avant le foot, c’était juste du football. Un sport, un spectacle, un jeu. Ses règles, immuables, ne le prédestinaient pas à être le foot que nous connaissons aujourd’hui. Eugène Saccomano, grand connaisseur, disait que le football est le miroir de la société. Avec l’exaspération du phénomène des supporters ultras, la rencontre de football est désormais le lieu de revendication d’une volonté de maîtrise aussi violente que paradoxale, aussi agressive que dénuée de sérieux. Joueurs et spectateurs à l’ancienne sont-ils voués à n’être plus que des personnages secondaires dans l’immense champ de forces où prédominent les supputations de la presse et la violence des partisans ? Mais assister à un match de football, c’est d’abord participer à une temporalité ouverte, imprévisible. Cette expression du jeu oppose son démenti à une époque qui veut dominer le temps, le livrant à la certification de l’« historique ». L’aversion actuelle pour le temps précaire et vif, que conjure inlassablement le supporter ultra dans sa logique du « projet », conduit le foot à sa décomposition.