Paru le: 29-04-2026
Editeur: Les éditions Ovadia
Isbn: 978-2-36392-703-3
Ean: 9782363927033
Prix: 20 €
Caractéristiques:
208 pages
Genre: Essai
Thème: Essais
Thèmes associés:
Servir l’éthique face à l’IA
Contra artificialem intelligentiam

Les incroyants me détestent, parce que je bafoue leurs sophismes,
et les croyants m’abhorrent, parce que je conspue leur lâcheté.
À qui donc pourrais-je m’adresser pour vous être vraiment utile ?
Pierre-Louis Boyer est universitaire, maître des conférences HDR en Histoire du droit et des institutions et doyen honoraire de la faculté de Droit, des sciences économiques et de gestion du Mans. Diplômé aussi en Lettres, Science politique et Philosophie, il consacre une grande partie de ses travaux aux bouleversements philosophiques de la post-modernité : technocratie, animalisme, bioéthique. Il est chercheur au Thémis-UM et chercheur associé à l’IODE (Rennes) et au CREC-Saint Cyr (Centre de recherche de l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan).
Plus personne n’échappe, aujourd’hui, à l’Intelligence artificielle. Des cours de récréation aux entreprises les plus spécialisées dans le numérique, en passant par les administrations, les lieux d’éducation, les commerces ou les domiciles particuliers, l’IA semble avoir pris le pas dans les activités quotidiennes d’une bonne part, voire de la totalité, de l’humanité. Les IA génératives et les agents conversationnels, dernières générations d’IA, révèlent un peu plus, tous les jours, les dangers d’une utilisation irréfrénée de l’IA. Or, si, en opposition aux tenants de l’illimitations de cette technologie, de très nombreuses alertes, textes, documents divers et réflexions pointent du doigt les risques d’une IA qui ne serait pas maîtrisée, on constate un silence assez étrange, et pour le moins surprenant, sur l’IA comme danger en tant que tel. On pointe, certes, des risques éthiques quant à certaines utilisations de l’IA – risques que l’on souhaite alors voir régulés par des normes infra-étatiques ou internationales – mais on ne s’interroge pas sur l’éthique même de l’IA, comme si le monde avait pris le pli de vivre avec une technologie sans s’interroger sur sa légitimité et son bien-fondé. Par l’erreur philosophique post-moderne qui consiste à considérer que toute technologie est neutre et que seule son application est susceptible de qualification éthique, on refuse de poser la question de la moralité interne de l’IA. Cet ouvrage vise donc à corriger une lacune dans les questionnements éthiques contemporains en interrogeant l’Intelligence artificielle au prisme des principales notions de l’éthique classique, dans une approche principalement aristotélicienne, et des risques inhérents à ce qu’est, en soi, une IA.
Parmi les essais philosophiques sur l’IA qui fleurissent depuis 2015, au début de la « Renaissance » de l’IA déclenchée par les succès de l’apprentissage profond, il est remarquable de constater combien peu d’entre eux ont su mettre en lumière l’immoralité fondamentale que porte en elle l’Intelligence Artificielle.
A de rares exceptions près, les ouvrages écrits dans notre pays pourtant imprégné par la vieille tradition des humanités classiques, semblent passer à côté de l’essentiel. En insistant avant tout sur l’irréductible différence entre la machine et l’esprit humain, dans un simple prolongement de la réflexion philosophique relative aux ordinateurs, ils ont eu à cœur de sauvegarder la singularité de l’Homme – de proclamer sa supériorité ontologique. « N’ayez pas peur, nous ne serons jamais dépassés par la machine. Elle ne sait pas sentir, elle ne sait pas aimer, et d’ailleurs, en fait, elle ne comprend rien véritablement. »
Il est vrai que la conduite automatique ou la reconnaissance d’images, pour spectaculaires qu’elles fussent, ne l’étaient peut-être pas assez pour ébranler l’édifice. Il a fallu l’irruption dans la vie quotidienne, en 2024, des modèles de langage du type ChatGPT, et leur très large adoption par tout un chacun comme cerveau de substitution, pour faire comprendre au public que l’humanité était sans doute entrée dans une nouvelle ère.
