Littérature générale

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Paru le:  30-06-2018

Editeur:  Les éditions Ovadia

Isbn:  978-2-36392-290-8

Ean:  9782363922908

Prix:  20 €

Caractéristiques: 
232 pages

Genre:  Littérature générale

Thème:  Litterature

Thèmes associés: 

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Vers le meilleur ou le pire des mondes

Déférence gardée envers Paul Valéry, Moi, l’humble troubadour, sur lui je renchéris, Le bon maître me le pardonne, Et qu’au moins, si ses vers valent mieux que les miens, Mon cimetière soit plus marin que le sien, Et n’en déplaise aux autochtones.

Georges-botet-NB

Doctorat de psychologie en 1981 (approche opératoire, psychopathologique et psychanalytique des processus cognitifs, Aix en Provence). Psychologue puis Directeur d’établissements spécialisés. Président honoraire de l’Institut Psychanalyse et Management. Membre associé de l’Association Européenne de Psychanalyse Nicolas Abraham et Maria Torok. Auteur d’ouvrages et d’articles sur la position de l’individu, souvent seul, face aux transformations sociales actuelles du professionnel et de l’intime.

Comment peut-on bien entreprendre la préface d’un ouvrage, celui de Georges Botet-Pradeilles qui porte le titre éminemment eschatologique : «Vers le meilleur ou le pire des mondes… », et dont la couverture est ornée du magistral panneau central du Jugement dernier de Jérôme Bosch, sinon avec une tournure apocalyptique et un parfum de fin du monde? Il est vrai que l’Apocalypse signifie la destruction, la démolition, la désertification, l’annihilation : telle est l’image que nous renvoie le livre éponyme de Jean, dans lequel trompettes et cavaliers annoncent le grand fracas du terminus. Mais l’étymologie nous apprend également que l’Apocalypse est avant tout une révélation et un dévoilement : en d’autres termes, une épreuve de vérité.

Nous voici savants et frénétiquement portés à la maitrise des phénomènes et de la matière jusqu’au contrôle intime des émotions, des passions et des sentiments. Le savoir, la raison, les procédés manipulateurs des maîtres et des «guides», ou les «bonnes» pratiques d’école, nous semblent propres à fonder le «meilleur des mondes». Ce monde promet l’omniscience, l’ubiquité, la sérénité, la santé et même la jeunesse éternelle. Nous voulons abolir tout risque et consommer sans limites. Enrichis, nous consentons même (prudemment) au partage social de miettes jetées aux exclus du grand pillage. Seuls les enfants, moins accaparés d’objets pesants et de prétentions, peuplent encore leurs jeux de symboles et de magies où le désir surgit d’un enchantement spontané.
Nous voici orphelins d’un sacré faisant contenant et limite. S’accepter soi-même dans son incomplétude et accepter la différence d’autrui devient plus difficile que jadis. Voici le temps des désillusions. Nous voici livrés aux impatiences, aux abus d’usage et aux déceptions finales. Nous voici, toujours insatisfaits, jaloux et de plus en plus solitaires. Il faut s’étourdir de mouvements, de bruits et d’images, si ce n’est de chimies médicales ou des leurres du marketing. Le manque nous stimulait, les complétudes obligatoires nous accablent. Le danger nous inspirait. Les sécurités nous abêtissent. L’effort de survie nous épuisait, les commodités nous stérilisent. Nous savions créer, le professionnalisme nous robotise. Voici un monde aseptisé et faussement bienveillant. Est-il toujours humain?

Littérature généraleAu-delà des apparencesVers le meilleur ou le pire des mondes