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Paru le:  15-11-2026

Editeur:  Les éditions Ovadia

Isbn:  978-2-36392-715-6

Ean:  9782363927156

Prix:  20 €

Caractéristiques: 
208 pages

Genre:  Littérature

Thème:  Romansdegenre

Thèmes associés: 

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Veronica

Si le cerveau des hommes est tellement plus que le cerveau des anges, et s’il est aussi plus qu’une trame cybernétique (…). Le phallus est notre chance : sans lui nous ne serions que des machines aux reins glacés.
Vincent PUYMOYEN
Est né à La Rochelle et enseigne actuellement à Brest. Il est auteur de poésie et d’un cycle de romans noirs. Avec ce récit qui se passe à Metz, il renouvelle son écriture, et explore, dans un nouveau cadre, les inquiétants sortilèges du corps, du désir, du sommeil et de l’inconscient.
J’aime Avner. A ma façon. Mais je supporterais mal qu’il doute de mes sentiments, de mon attachement pour lui. Je voudrais que dans chacune de mes trahisons, il voie la preuve de mon amour, une tentative manquée de le rejoindre. Lui que je ne parviens à atteindre qu’à travers des leurres. Nul autre que lui pourrait, je crois, comprendre cela. Lorsque Avner, médecin anesthésiste à Metz, s’éprend d’une infirmière du bloc opératoire, il ne sait pas que sa passion pour l’esclavage amoureux le conduira dans un engrenage tragique, où les personnages, désorientés, en perte de repères, réinventent dangereusement les lois du désir. Dans cette romance qui évolue vers le roman noir, se tisse une intrigue polyphonique, où les gestes les plus crus de la passion érotique esquissent ce qu’on pourrait appeler une liturgie charnelle.
Je regardais sur le lac de qui je pourrais être l’esclave. D’une jeune femme capricieuse qui mangeait une glace et dont les jambes, prolongées par leur ombre sur l’estran, paraissaient démesurément longues ; ou bien, tout à l’opposé de cette innocence, être l’esclave d’une femme mûre qui s’y connaîtrait en choses sexuelles, me mépriserait si je devenais trop insistant ; d’une trentenaire aux seins lourds, probablement autoritaire, qui retirerait son pied lorsque j’approcherais d’elle. A quelles mains confier le fouet dont je désirais que l’on usât contre moi – fréquemment, espérais-je – pour châtier chacune de mes bévues d’amant ? Je n’avais qu’à choisir celle qui pourrait me procurer ce dont je rêvais. Ou alors la laisser me choisir. Les jeux innocents suivaient leur cours. Un ballon léger volait entre les mains des adolescentes, des vagues montaient en faisant mousser une écume blanche qui parvenait jusqu’à leurs orteils, avant de se retirer de l’estran. Je m’étais posé la même question le matin, en regardant, caché dans l’ombre, des bourgeoises sortir de la cathédrale, dont le mollet serré dans le bas me semblait promettre de délicieux moments dont je n’estimais pas qu’ils fussent exclusivement réservés à leurs maris. Une fois chez moi, j’ai fait tomber mon pantalon le long de ses chevilles, puis enfilé un slip de bain serré à rayures et je me suis dit qu’en ces derniers jours d’été, heureusement ensoleillés, je serais bien inspiré d’aller me baigner au lac des Cygnes, à Saint Symphorien, plan d’eau alimenté par la Moselle.